"- la Femme Sauvage vous appartient. Elle appartient à toutes.

        Pour la trouver, les femmes doivent faire retour à leur vie instinctive, à leur savoir le plus profond. Commençons donc par remonter à l'âme sauvage. Laissons-la redonner chair à nos os par son chant. Dépouillons-nous des oripeaux qu'on nous a donnés. Enfilons le manteau authentique de l'instinct et de la connaissance. Infiltrons les terres psychiques qui nous ont un jour appartenu. Ôtons nos pansements. Le remède est prêt. Redevenons maintenant les femmes sauvages qui hurlent, rient, chantent les louanges de Celle qui nous aile tant."

Des oripeaux au manteau de dame nature! Le texte liminaire, intitulé "Chanter au-dessus des os", ne cache pas sa nature prophétique et pédagogique à la fois: "Tout le matériel que contient cet ouvrage a été choisi afin que vous vous enhardissiez." C'est le manuel de la libération de la femme, et avec le féminisme, la métaphore textile n'est jamais loin... Ce que je trouve intéressant, et assez inédit ici, c'est l'opposition nature/culture exprimée par l'image du textile...

Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les loups, 2001.

Clarissa Pinkola Estés est psychanalyste et conteuse...

Merci Anne pour cette contribution!