05 mai 2008
Les Noces de Jeannette
Il est revenu à Jacqueline un air d'opérette qu'elle écoutait à 8-9 ans sur un vieux 78 tours chez ses parents.
La dénommée Jeannette a piégé un allergique au mariage qui s'enfuit le jour de ses noces... et pour le séduire et le ramener à son devoir (conjugal), elle répare un de ses vêtements en chantant:
Cours mon aiguille dans la laine Mais qu'est-ce donc, métamorphose ? Les noces de Jeannette de
Victor Massé (1853), livret de Jules Barbier et Michel Carré. Incroyable, en cherchant à me renseigner un peu sur cet opéra comique, je découvre qu'il sera donné en mai à Paris! Un restaurant à Paris porte ce nom et rappelle
le succès de cet opéra. Merci, Jacqueline, pour cette contribution coquine!
Ne te casse pas dans ma main
Avec
de bons baisers demain
On nous paiera de notre peine
Cours, mon aiguille
dans la laine,
Cours, mon aiguille dans la laine.
Je travaille et n'y vois plus
rien,
Demain s'il le regarde bien
Il verra son habit
Taché par une
larme
Cours mon aiguille dans la laine,
Ne te casse pas dans ma
main
Avec de bons baisers demain,
On nous paiera de notre
peine.
Cours, mon aiguille dans la laine,
Cours, mon aiguille dans la
laine
22 avril 2008
Poème de peintre
Anne a reçu, d'une amie artiste peintre, en réponse à l'envoi d'une carte textile, ce poème qu'elle partage avec nous:
As-tu déjà vu sur la planète bleue
Ses myriades de mains
Qui l'habitent et qui s'agitent
Ou qui prient...
Des mains qui alimentent
Pétrissent, façonnent-
Qui volètent gracieusement
Tout autour d'une ballerine
- Des mains qui tissent
Des mains de fées
Qui brodent des soleils
Et des jardins de fleurs
De celles qui caressent les velours
Et les soies
Et qui forment de nouveaux mondes
-
La symphonie silencieuse
Des étoffes qui glissent et se meuvent
-
Les drapés prodigieux
Des mains qui tordent
Des tissus, en font des cordes
Pour l'évasion...
Des mains ailes,
Des mains qui bercent...
Qui connaissent l'engouement
De la vie
Et celui du tout petit
Qui s'interroge devant elles
Emerveillé...
Hélène
Merci, Anne et Hélène, pour cette contribution à quatre mains!
19 avril 2008
Ker Violette
Une jeune femme arrive en Bretagne à la recherche d'un cheval et trouve un pêcheur devenu artiste peintre... Elle loge dans la maison d'hôtes de la vieille Violette, dont on sent l'odeur familière dans cette brève évocation:
"Cette chambre suintait l'enfance lointaine, la cire d'abeille, les tapis d'orient et les napperons pâles crochetés au numéro deux. Cette chambre respirait les sachets d'herbes enfouis sous le linge, les draps cernés de jours Versailles."
Karine Fougeray, Ker Violette, ed. Delphine Montalant (page 26)
Karine Fougeray tient un blog littéraire, Plume salée...
Merci, Sa kartonn, pour cette contribution!
11 avril 2008
Sido
Ici, le tissu est porteur de mémoire. une fois encore… Et Colette va « customiser», dirait-on, avant l’heure, la robe…
« C’était une robe d’été, en toile de lin d’un bleu doux. En regardant l’envers de l’étoffe, on avait la surprise de le voir d’un ton vif. Seuls les soleils de plusieurs belles saisons répondaient de son heureux pâlissement. Elle datait de 1860 environ… Je ne me repens d’y avoir porté les ciseaux puisque d’un bleu doux et ramagé de blanc, elle habille comme par le passé, elle habille encore et toujours, ma très chère Sido ».
Colette, Sido
Merci Anne pour cette contribution!
09 avril 2008
Les vrilles de la vigne
La lectrice et son livre sont couverts d’une même toile : identification……
"La jeune maman sous l’ombrelle de toile rayée s’enivre, les joues chaudes, d’un roman mystérieux, habillé comme elle de toile écrue…"
Colette, Les Vrilles de la vigne.
Merci Anne pour cette contribution qui évoque tout un univers du temps perdu!
15 mars 2008
Erica Jong
L'objet de notre quête
évidemment n'existait pas
cette tapisserie intitulée Matin
sous les nuées tissées de haute laine
où des oiseaux invraisemblables
très incroyablement célébraient par leurs chants
des fables.
Un papillon de nuit parmi les dents du lion
yodlait comme le rossignol de Keats
et les trochées chantaient parmi les iambes,
tandis qu'en fraise frisotée et gilet de brocart
tu penchais ton sourire
sur l'herbe revêtue de sa soie de soleil,
où couchée dans les flots de ruchés en folie
je pressais sur le sol une oreille attentive,
dans l'espoir d'entendre, au galop des sabots,
la licorne éveiller les échos de la terre.
Elle parut, environnée d'un incendie
de broderies de feu, regard d'agathe,
corne d'ivoire et d'infâme légende,
hennissant haut des concerti baroques
et croyant l'avoir capturée pour de vrai,
nous festoyâmes de vin blanc et de brioche
en échangeant devant témoins
d'impossibles serments.
La suite, vous la connaissez:
dans l'humidité vénéneuse et spongieuse du soir,
où les amants se tournent et retournent,
toussent et se tiennent discours
épaissis de sommeil,
dans la longue nuit d'hiver du mariage
sans bruit la licorne s'enfuit
et, tel un cauchemar d'insomniaque, l'amour
finalement n'est plus
qu'un moindre mal.
Parfois elle revient, caracolant
parmi les sombres tapisseries de la nuit,
arrachant bras, jambes et literies
et menus écheveaux de poil et de cheveu.
mais pas plus que ne survit l'esprit de la quête,
nous ne reconnaissons la bête,
ou bien alors nous lui donnons
un autre nom.
Erica Jong
Merci Myriam pour cette contribution qui forme une véritable tapisserie hypertextuelle...
12 mars 2008
Dentelles statistiques
Incroyable! Trouvé par hasard car je prends rarement le temps de fureter dans les statistiques de ce blogue, ce témoignage scientifique du rayonnement international de Dentelles d'encre!
Certains sont sans doute arrivés là par hasard, mais j'aime à penser que certains sont restés pour jouer les promeneurs solitaires...
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France | 63 | 62 | |
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Algérie | 21 | 21 | |
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Belgique | 3 | 3 | |
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Afrique du sud | 3 | 3 | |
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Suisse | 3 | 3 | |
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Luxembourg | 2 | 2 | |
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Canada | 2 | 2 | |
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Espagne | 1 | 1 | |
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États-unis | 1 | 1 | |
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Émirats arabes unis | 1 | 1 | |
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Turquie | 1 | 1 |
10 mars 2008
La Dame blanche
« Lorsque sa tante Lavinia meurt en 1860, Emily s’attache à ses filles, Louise et Frances. Elle les appelle 'ses enfants' et leur envoie des lettres aussi peuplées que des maisons de poupée. Chacune lève son rideau d’encre sur une scène drôle ou cruelle ».
Christian Bobin, La Dame blanche.
Merci Anne pour cette contribution en cascade qui se termine par un clin d'oeil au titre de notre blog contributif !
07 mars 2008
La Dame blanche
Où il est question de poule et de canevas, mais non de canevas représentant une poule...
« Sa mère raconte à Emily qu’à l’enterrement de Jenie Hitchcock, une poule suivie par ses poussins a essayé, en volant, de sauter par la fenêtre jusqu’au lit de la morte. Le canevas fait, Eily le remplit de ses couleurs : je suppose dit-elle, que la poule et ses poussins voulaient dire adieu à celle qui les nourrissait ».
Christian Bobin, La Dame blanche.
Merci Anne pour cette contribution!
05 mars 2008
La Dame blanche
Encore un extrait proposé par Anne du dialogue de Bobin avec la poétesse américaine:
« Susan revêt Emily de son ultime armure blanche. Le blanc de la robe mortuaire fraîchement repassée éclabousse la pénombre de la chambre dont les stores verts sont baissés. Emily a depuis des années élevé entre elle et le monde une clôture de lin blanc. Dans la bibliothèque du rez-de-chaussée, annoté de sa main, le livre Sainte Agnès de Tennyson. Il y est question d’une nonne, de ses atours 'blancs et purs' et de son attente d’un 'dimanche éternel'. Une horloge au fond du ciel vient d’arrêter son battant. C’est enfin dimanche. Une femme qui n’a jamais fait de mal à personne attend dans sa robe de neige, cachée derrière la mort, la suite des évènements. »
Christian Bobin, La Dame blanche.
C'est beau comme un dimanche d'hiver,
Merci Anne pour cette contribution!











