Lorsque Paul Valéry, écrivain esthéte et esthéticien, brode sur Marie Monnier, peintre à l'aiguille (plus d'infos sur elle sur le blog des fées brodeuses), lors d'une exposition de l'artiste à la Galerie Gruet, 20 rue Royale à Paris, en 1924, cela donne un profond dialogue entre poésie et peinture, entre poète et brodeuse:

"Mais considérez ces panneaux merveilleusement colorés. Leur éclat les apparente aux plus merveilleuses productions de la vie, aux elytres, aux plumes d'oiseau, aux coquillages, aux pétales. Nulle peinture ne peut atteindre à ces forces ni à ces délicatesses que les brins de soie savamment associés font paraître. Le point ajouté au point compose insidieusement une substance somptueuse. Même la chair est imitée à ravir et le modelé d'une épaule ou d'un sein est le fruit délicieux de je ne sais quels artifices d'une aiguille.
La brodeuse a choisi ses prétextes dans quelques poèmes.
Elle n'a plaint ni la peine ni la durée. Ces belles pages tissues d'or et de soie ont consumé plusieurs années. Il y a du sacrifice et du paradoxe sous cette oeuvre de grâce et de magnificence où l'opiniâtreté de l'insecte et l'ambition fixe du mystique se combinent dans l'oubli de soi-même et de tout ce qui n'est pas ce que l'on veut."

Merci Marie pour cettre contribution!