La Chambre (encore)
Sur les conseils d'Anne à qui je cassais les oreilles avec les biographies de Marie-Antoinette de Stefan Zweig et, presque un siècle plus tard, d'Antonia Fraser, j'ai lu La Chambre dont elle nous a déjà proposé un extrait.
Passionnant d'avoir cette fois un point de vue délibérément romancé (les biographies, même quand elles feignent de l'ignorer, sont dangereusement à cheval entre histoire et fiction, ce qui contribue sans doute à leur charme) non sur Marie-Antoinette mes sur son fils - dont il est très peu question chez Zweig et beaucoup chez Frazer, changement de la conception de l'"Histoire" oblige.
J'ajoute cet extrait à celui choisi par Anne. Ici, le qu'en-dira-t-on remet en question la paternité du "Gros Louis", faisant de l'Enfant du Temple le rejeton de l'amant - ou de l'un des amants selon la mauvaiseté des langues - de l'Autrichienne:
"On savait dans quelles occasion, rares d'ailleurs, les amants pouvaient se retrouver: aussitôt les ambassades vigilantes comme ces vieilles filles qui tricotent derrière les croisées, se mettaient à compter les mois comme on compte les mailles. Pour les deux premiers enfants, rien à redire: leur père légal pouvait bien être en prime le gros veinard, leur père véritable. Mais pour le troisième, notre petit reclus, le doute semblait permis: n'était-il pas né neuf mois exactement après une grande fête donnée par la dame pour son 'cher coeur'?"
Françoise Chandernagor, La Chambre.