26 août 2006
Barthes et le tricot
Jacqueline
nous propose cette lecture précieuse d'un homme qui parle littérature, dentelle et
tricot comme personne, d'un tricot structuraliste, dénoté à l'endroit ,
connoté à l'envers...Il s'agit d'une interview de Roland Barthes sur la paresse accordée à
Christne Eff, journal Le Monde 16-17 septembre 1979, notre grand homme se
demande à l'instar de Flaubert: "A quoi voulez-vous que je me repose" ?" Je n'ai jamais beaucoup aimé le sport, et maintenant, de toutes
manières, j'en aurais passé l'âge. Alors que... [Lire la suite]
28 avril 2006
Consigne des minutes heureuses
Une nouvelle contributrice (bienvenue!) nous propose un extrait qui mèle intimement désir, broderie et écriture.
C'est l'auteure qui parle: " J'ai donc décidé, pour ce qui concerne ce livre, de m'imposer une
ligne de conduite, de me tenir au doigt et à l'oeil. Aucun accent de
fureur, ni de mélancolie. Et pas un dé à coudre de sperme. Je serai
d'une chasteté exemplaire, réservant à d'autres livres, murmures, cris,
accents de ma ferveur amoureuse, si Dieu me prête vie. Et si j'en ai
toujours le désir. Car c'est le désir le... [Lire la suite]
27 février 2006
Le Crève-Cévenne 3
Où l'on apprend qu'il est bien difficile d'abandonner la culture du
vers à soie, pour le petit crépitement qu'il produit lorsqu'il mange,
parce qu'il est merveilleux de dérouler l'unique fil de soie qui
constitue le cocon, mais surtout arce que c'est l'occasion de
décoconner entre voisins!"- les gens
s’obstinent à faire quelques cocons : dix, quinze, vingt comme ça
pour faire voir aux enfants soi-disant. En fait je crois que c’est surtout
parce que ça leur fait plaisir : ils les ont toujours... [Lire la suite]
22 février 2006
Le Crève-Cévenne - suite
Le retour du vers à
soie... de son élevage dans les Cévennes. Dans ce passage, Jean-Pierre
Chabrol s'entretient avec sa mère septuagénaire qui évoque sa propre
enfance, au début du XXe siècle:
- Et vous
faisiez les vers à soie, malgré tout ce travail à la
boulangerie ?- On faisait
les vers à soie ; là-haut sous le toit.- Qui s’en
occupait ?
- Tout le
monde s’y mettait. Quand une cliente entrait dans la boulangerie, elle tirait
sur un fil de fer, ça sonnait dans la magnanerie où il y avait une sorte de ... [Lire la suite]
09 février 2006
Geneviève de Gaulle-Anthonioz - encore
"En effet, une détenue âgée exécute les ordres. Elle porte
le triangle violet des Témoins de Jéhovah et un numéro qui la
signale comme une des premières immatriculées dans le camp.
[...]
Un dimanche après-midi, la détenue âgée qui fait le
service ouvre la porte de ma cellule et allume une lumière. A
mi-voix, elle m'explique qu'il y a une fête chez les SS, qu'ils
ont beaucoup bu et qu'elle me propose, pour m'occuper, de
réparer ses chaussettes. J'accepte avec plaisir et elle me remet
de la laine, un aiguille et des... [Lire la suite]
08 février 2006
Geneviève de Gaulle-Anthonioz - suite
"A la prison de Fresnes, sur des
morceaux de tissus cachés dans les ourlets de mon linge, j'avais appris
la mort de ma grand-mère. Son cercueil était dans la même tombe que
maman et ma soeur, avec les enfants qu'elle avait perdus."Naïvement,
peut-être, je me demande si je comprends bien la situation que décrit
cet extrait: la personne chargée du linge de la prisonnière
communique avec elle en glissant des petits morceaux de tissu sur
lesquels elle a griffonné des messages dans les ourlets des vêtements
qu'elle... [Lire la suite]
07 février 2006
Geneviève de Gaulle-Anthonioz
Geneviève de Gaulle-Anthonioz fut déportée à Ravensbrück - Cet extrait, juste après son arrivée dans le camp:"L'inventaire
de mon petit bagage est vite fait: un assez grand morceau de tissu
blanc volé par Bérangère en déchargeant les bagages des déportés
exterminés à Auschwitz. A elle aussi je dois un tricot que je porte
sous ma robe rayée. Mon unique paire de bas a été tricotée par Lise
avec de la laine épaisse récupérée à ses risques et périls dans un
atelier. Miracle, mon porte-aiguilles offert par Violaine pour mon
... [Lire la suite]
15 janvier 2006
Kolyma
De l'exploitation de l'or dans les doigts des femmes par les régimes totalitaires, suite: "Maroussia était très habile aux
travaux d'aiguille, elle brodait merveilleusement : toute sa famille vivait de
ses broderies à Kyoto.A Kolyma, les chefs découvrirent
immédiatement son talent. Ils ne lui payèrent jamais ses broderies : ils lui
apportaient un morceau de pain, ou deux morceaux de sucre, ou encore des
cigarettes - toutefois Maroussia ne prit jamais l'habitude de fumer. Et ils ... [Lire la suite]
11 janvier 2006
Déportée en Sibérie
Avant d'être déportée à Ravensbrück (citation sur ce blogue ici), Margarete
Buber-Neumann avait été déportée en Sibérie. Elle raconte sa détention à la prison de Boutirki à
Moscou :
" La plupart des prisonnières
avaient une activité interdite, car tout était interdit, sauf de rester assise
silencieusement en regardent devant soi. Il était interdit de coudre, de parler,
de chanter, de marcher... L'occupation préférée était de coudre et broder. Mais,
pour toute la cellule, il n'y avait le matin... [Lire la suite]
29 décembre 2005
Déportée à Ravensbrück
La couture n'est pas que frivolité, comme le suggérait peut-être une précédente description du Bonheur des Dames d'Emile Zola. Ces extraits de
Déportée à Ravensbrück de Margarete Buber-Neumann ( Seuil) ont une résonance des plus sombres:
"L'immense bâtisse où se trouvait
l'atelier de couture retentissait du crépitement des machines à coudre
électriques. Il y régnait un tel vacarme que l'on ne s'entendait même pas
parler. Des tapis roulants parcouraient toute la longueur de la bâtisse. Sur une
chaîne,... [Lire la suite]

