05 août 2008
Tricoteuse!
Je lis en ce moment une biographie d'Olympe de Gouges, femme de lettres et de tête qui vécut la Révolution française et finit par en mourir...
Au détour d'une page, je rencontre une insulte que je n'avais jamais entendue auparavant: "tricoteuse", ainsi que l'expression "club des tricoteuses", mais le contexte indique qu'il ne semble pas s'agir des charmantes matinées du samedi organisées par Brentano's - cela ne semble pas lié non plus à la pratique des faiseuses d'ange...
Tout sur ces satanées tricoteuses ici.
Ceci met en perspective une anecdote pas si anecdotique: j'avais été frappée de lire que Marie-France Garaud déclarait avoir tricoté en conseil des ministres, à l'assemblée, j'ai oublié où exactement, pour provoquer ces messieurs, leur faisant ainsi remarquer qu'une femme parvenait très facilement à suivre leurs débats tout en menant une tâche en parallèle, bref, une façon de leur faire remarquer qu'on s'écoute beaucoup parler en réunion quand on n'a pas les gosses à récupérer à la crèche...
07 novembre 2006
Etoffes
"BOUCASSIN n. m. Sorte de
futaine, d’étoffe de coton, pour doublure.
Les
marchands de menue mercerie : boutonnerie, padoues (les rubans faits avec de la
bourre de soie), galons, rubans et rouleaux, soie et fil à coudre, boucassins (étoffe qui sert aux doublures), treillis, bougrans (toile pour renforcer les parements), crêpes, lacets,
aiguilles, épingles, dés à coudre (Claire Krafft Pourrat, Le colporteur et la mercière, Denoël,
p. 170)."
Ce terme semble nous parvenir de l'Orient via l'Espagne.
Ici, d'autres citations des XIVe, XVe et XVIe siècles.
Merci, Jacqueline, et merci à ton patient collègue, pour cette contribution!
03 novembre 2006
Etoffes
"BLONDE n. f. Text. Dentelle de soie plate, écrue à
l’origine, exécutée au fuseau.
Les gazes,
les blondes, les falbalas, les
guirlandes, les perles et les fleurs qui ornaient les baldaquins établis sur
le rivage pour les deux Majestés, avaient l’air de sortir des magasins de modes
de la rue Saint-Honoré (Prince de Ligne, Lettres et pensées, Tallandier, p. 111).
Mme la marquise de Luceval [...] était mise avec autant de goût que de simplicité. La seule innovation
qu’elle se fût permise consistait dans un très haut peigne d’écaille à
l’espagnole qui rattachait à ses beaux cheveux bruns un demi-voile de blonde noire (la marquise était en
deuil) (Eugène Sue, Paula Monti ou
l’Hôtel Lambert, collection Capitale, p. 106).
Elle avait chaud d’être venue si vite, les joues allumées, les yeux
brillants, s’arrêta pour enlever la grande mantille de blonde, un cadeau de Rosa, dont elle s’était garanti la tête en
sortant, le reste fragile et coûteux des splendeurs passées (Alphonse
Daudet, Sapho, éd. Safrat, p. 159)."
On peut admirer de la blonde au musée de la dentelle de Chantilly.
Merci, Jacqueline, et merci à ton patient collègue, pour cette contribution!
29 octobre 2006
Etoffes
"BISET, BIZET n. m. (de bis,
gris). A. Vx. Étoffe de laine grossière, de
couleur bise. Spéc., hist. milit. [En
parlant d’un garde national] En biset. Sans
uniforme.
La nature éminemment
généreuse de l’épicier entre pour beaucoup dans la physionomie de Paris. D’un
jour à l’autre, ému par quelque catastrophe ou par une fête, ne reparaît-il pas
dans le luxe de son uniforme, après avoir fait de l’opposition en biset ? (Honoré de Balzac, L’Épicier, in Les Français peints
par eux-mêmes, Omnibus, p. 27).
Merci, Jacqueline, pour cette contribution!
27 octobre 2006
Etoffes
"BERLINGE n. m. Grosse étoffe
en fil et en laine (Larousse du XIXe siècle).
Il
avait ses vêtements des jours de travail, le tricot de laine bleue usé aux
coudes et le pantalon de berlinge, rapiécé de vieux lambeaux d’étoffes de
toutes nuances, maculé de taches de goudron, retenu aux hanches par une
espèce de turban tordu comme un câble (Anatole Le Braz, Pâques d’Islande, Nelson, p. 94)."
Dans
cet inventaire des biens d'un laboureur ayant vécu et cassé sa pipe au XVIIe siècle, on trouve "un juste au corps
et un haut de chausse de berlinge gris estimés quatre livres dix sols" (sur ce site); dans celui-ci (18e siècle), "un pourpoint d'étoffe et une paire de culottes de Berlinge estimés 25 sols".
Ce
n'est pas de la grande littérautre, ces inventaires, quoi que...
C'est une
lecture des plus addictives - j'avoue adorer les listes et autres énumérations encyclopédiques en
littérature... On imagine un tas de récits à voir juxtaposés ces deux
linceuls et cet escabeau...
Merci, Jacqueline, pour cette contribution (collaborative)!
23 octobre 2006
Etoffes
"BATIK n. m. 1. Soie peinte,
à la mode javanaise, répandue vers 1900.
S’il va falloir l’opérer de la
cataracte, Monet, ça va être gai pour lui... Il avait un neveu qui faisait des batiks, un grand diable que Paul avait
rencontré chez les Murphy... (Louis Aragon, Aurélien, Gallimard/ France Loisirs, p. 516).
2.
P. ext. Pièce de cette étoffe,
utilisée en Indonésie pour la coiffure.
3. Procédé de décoration par report
d’un dessin sur le support (étoffe, papier, cuir) ; tissu ainsi traité.
Lui avait un air de ténor, une barbe qui
même rasée d’une heure était bleu marine, des yeux imbéciles qu’il jugeait doux
et des cravates en batik mauve dans
lesquelles il piquait une croix lorraine en marcassite (Maurice Sachs, Le Sabbat, Le Livre de Poche, p. 277).
4. Cour. en français d’Afrique.
Pagne de coton obtenu par trempage dans des bains de teinture après impression
du tissu à la cire."
Un homme qui arbore des cravates de batik? Le rêve...
Merci, Jacqueline, pour cette contribution (collaborative)!
21 octobre 2006
Etoffes
"BARÈGE n. m. (de Barèges, ville des Hautes-Pyrénées où était fabriquée cette étoffe, 1829) Étoffe de laine légère. Les sous-officiers du 29e alpins [...] remuaient le barège de leur pernod (Jean Lorrain, Madame Monpalou, p. 227)."
Mais quel farceur, décidément, le dictionnaire du collègue de Jacqueline! Le voici encore qui définit un terme au moyen de mots mystérieux!
Tournons-nous vers notre sauveur, le Littré: il est plus précis!
"BARÉGE.
Ajoutez : Les Français, déjà habiles à façonner des gazes légères en
soie, furent les premiers à fabriquer des baréges en 1818, tissus où la
trame est de laine et la chaîne de soie ; aussitôt, les Anglais
imitèrent l'étoffe ; seulement, au lieu de soie, ils mirent du coton
dans la chaîne, Mém. d'agric. 1870-71, p. 326.
Barége de Virginie, sorte de tissu.
On connaît
ces étoffes tellement fines que 2 mètres tiendraient dans la main et
que l'on appelle barége de Virginie ; la plus grande partie de ce
barége est faite avec le duvet des plumes de ces oiseaux [albatros
lutea], Journ. offic. 14 juill. 1876, p. 5156, 3e col."
Merci, Jacqueline, pour cette contribution (collaborative)!
15 octobre 2006
Etoffes
"ANGLAISE n. f. Gros galon de
fil ou de soie dont on garnit les étoffes pour meubles, et même les vêtements.
Une anglaise
de kalmouck rayé gris et la veste (Henri de Régnier, Proses datées, Mercure de France, p.
258)."
Sacré dictionnaire qui explicite un terme au moyen d'un terme encore plus mystérieux. Kalmouck est donc le nom d'une ethnie mongole... Apprendre qu'elle vit dans la région d'Astrakhan ne clarifie pas vraiment la chose... Absent du Littré, ce terme ne semble, à en croire le Trésor de la langue française, n'avoir aucun rapport avec le textile. Bref, si j'ai à peu près compris ce qu'est une anglaise, le kalmouck reste nimbé de mystère; dommage, car j'aime sa musique...
13 octobre 2006
Etoffes
"ANDRINOPLE
n. f. Étoffe de coton bon marché, le
plus souvent rouge.
Cette soie des
pauvres, l’andrinople ! (J.
Lorrain, Une Femme par jour, Christian
Pirot, p. 184).
« Le salon japonais »,
avait dit Isidore. De vagues kakémonos et des éventails du Yeddo, toute la
pacotille des bazars bon marché en décoraient les murs fatalement tendus d’andrinople (Jean Lorrain, La Maison Philibert, Christian Pirot, p.
203).
Un rideau d’andrinople rouge tombait d’une étagère, et la lueur du pétrole
jouait dans un morceau de miroir fixé au mur par quatre clous (Roger
Vercel, Capitaine Conan, Le Livre de
Poche, p. 106)."
Est-ce la sonorité inhabituelle de ce terme qui le fait jaillir sous la plume des écrivains?
Intéressant, pour le Littré, le terme désigne simplement une couleur et non une étoffe...
Merci, Jacqueline, pour cet exotisme textile!
11 octobre 2006
Etoffes
"ALPAGA, ALPACA, ALPAGUE n. m. Étoffe faite avec la laine de l’alpaga.
On voyait son derrière, comme soulevé par un grand obstacle, tendu dans
un pantalon d’alpaga gris (Paul Morand, Milady, in « Milady et autres
récits », France Loisirs, p. 44)."
Où étoffe, exotisme et érotisme font bon ménage...
Merci, Jacqueline, pour cette contribution!
