08 janvier 2009
05 janvier 2009
Puces et dentelles
"On peut calculer la valeur d'un homme d'après le nombre de ses ennemis et l'importance d'une oeuvre d'après le mal que l'on en dit. Les critiques sont comme les puces, qui vont toujours sauter sur le linge blanc et adorent les dentelles"
Gustave Flaubert, Oeuvres complètes xiii.
Il s'agit d'une lettre à Louise Colet.
03 janvier 2009
Cariatides
Chanson d'une anarchiste qui remporta un grand succès en son temps avant de sombrer dans l'oubli...
Leurs magnifiques bras relevés sur leurs têtes,
Torse nu, reins cambrés, un pli d'angoisse au front.
Les cariatides, sous le faix et sous l'affront,
Semblent joindre à leur grâce une force d'athlètes.
Depuis des jours, depuis des mois, depuis des ans,
Elles sont là dans le granit de la muraille,
Où le sculpteur moula la beauté de leur taille,
Le contour de leurs seins, la courbe de leurs flancs.
Elles sont là, depuis des mois et des années,
Supportant vaillamment le tragique destin
Qui les lie à ce roc, telles au temps lointain
Les esclaves au char du vainqueur enchaînées, -
Esclaves! - oui, malgré l'Artiste qui tailla
Avec amour leurs corps superbes dans la pierre,
On sent sur leurs beaux bras peser la force altière,
Qui sur ce pilori de douleur les cloua!...
Eh bien! ces femmes-là sont ton image - Ô femme!
Toi qu'un joug aussi vieux que le monde asservit,
Toi pour qui l'autrefois d'esclavage survit,
Toi que l'on cloue ainsi par un arrêt infâme
Dans le roc implacable et morne du passé! -
- En vain pour te chanter artistes et poètes
Ont fait vibrer leurs lyres en d'innombrables fêtes,
En vain de leur amour ton corps est caressé;
En vain te clament-ils en leurs chants leur maîtresse;
Tu n'en restes pas moins l'esclave que sculpta
L'égoïsme du Maître - ô femme qu'il dompta
Par un enlisement de menteuse tendresse.
- De longs siècles de nuit, d'ignorance et d'erreur,
Les vains enseignements, l'hypocrite morale,
En affinant les traits, en faisant ton teint pâle,
T'ont ainsi façonnée au gré de ton seigneur.
- On a faussé chez toi les beautés de la vie:
Les éclairs des bijoux, en fascinant tes yeux
T'ont dérobé l'éclat serein des vastes cieux
Où s'en va planer la pensée inasservie.
De lourdes robes ont embarrassé tes pas,
Le corset, main de fer qui t'opprime et te blesse,
A détruit de ton corps l'harmonieuse souplesse, -
Et les bracelets d'or ont fatigué tes bras...
- Et parce qu'on t'a dit que tu n'étais pas faite
Pour agir et penser; parce qu'on a flatté
De ton coeur la douceur, de ta chair la beauté;
Parce qu'on a jeté des roses sur ta tête; -
Parce que l'on t'a prise avec le sentiment,
Parce qu'on a nimbé ton front d'une auréole,
Et parce qu'on t'a dit que servir est ton rôle,
Obéir ton devoir, souffrir ton châtiment;
Tu t'es courbée alors sous les décrets de l'Homme
Qui t'ayant assouplie à leur autorité,
O femme! - ô Cariatide de l'Humanité! -
T'ont faite objet de luxe, - ou bien bête de somme!...
[...]
Maïté Albistur & Daniel Armogathe, Le Grief des femmes - Anthologie de textes féministes du second empire à nos jours, Editions Hier & Demain, 1978.
01 janvier 2009
Amour... Amour
L'amour se porte autour du cou
le coeur est fou
quatre bras serrés qui s'enchainent
l'âme sereine
comme un foulard de blanche laine
L'amour s'enroule et puis se noue
Amour, Amour m'a rendu fou
Peau d'Âne, lyrics Jacques Demy, musique Michel Legrand
Sincères souhaits textiles et amoureux pour l'année 2009
Une pensée amicale particulière aux lectrices qui restent fidèles à Dentelles d'encre
malgré la raréfaction chronique des extraits publiés!!!

