Extrait du même billet, qu'il faudrait reproduire intégralement:

"La littérature est au texte un peu ce que le Marché Saint-Pierre est au textile - il y en a pour tous les goûts: le grain des mots, plus ou moins serré, lâche ou lisse, produit des sensations fort diverses, des voluptés plus ou moins raffinées: on trouve des étoffes grossières, de vulgaires torchons, et même des tissus d'âneries. Certains font dans la dentelle ou le brocart, quelques-uns jouent sur du velours, d'autres, on a beau les examiner de près pour en comprendre le maillage, c'est vraiment pas coton."

J'espère que la littérature française, contrairement aux étalages de textile du Marché Saint-Pierre, va échapper aux sirènes de la délocalisation vers la Chine qui ne fait rien pour la qualité des produits...

Camille Laurens, Tissé par mille, 2007.

Merci Anne pour ce voyage dans les locutions textiles goulûment dégustées!