Dernier extrait de cet essai à la Bruno Bettelheim:

"J'aime énormément cette tâche initiatique qui requiert d'une femme qu'elle nettoie les personae, les signes vestimentaires de l'autorité de la grande Yaga de la forêt. Ce faisant, l'initiée verra de quelle manière sont cousus les habits de la persona. Elle aura bientôt un peu de ces personae qu'elle pourra placer dans ses placards, auprès des autres qu'elle a façonnées au cours de son existence.

On imagine facilement que les marques d'autorité de Baba Yaga - ses vêtements - sont de la même étoffe que sa constitution psychologique - solide et résistante. Faire sa lessive, c'est donc, métaphoriquement, apprendre à reconnaître, examiner et intégrer cette association de qualités et apprendre comment trier, repriser et rénover la psyché instinctive par une purificatio, un lavage des fibres de l'être."


Clarissa Pinkola Estés, Femmes qui courent avec les loups, 2001.

Humm, que sur les cintres de notre penderie vivent nos différents moi, facettes multiples de notre passionnante personnalité, les magazines féminins nous  l'expliquent volontiers, qui cherchent désespérément à nous faire remplir nos armoires d'un tas de machins que nous ne porterons qu'une fois... mais la lessive comme processus analytique, ça c'est original et me paraît encore plus fort!

Merci Anne pour cette contribution!