dentelles d'encre / Ink Lace

florilège : le textile et les ouvrages de dame dans la littérature

31 mai 2006

Légendes des terres sereines

"Chuc Nu, l'une des plus belles parmi les filles de l'Empereur de Jade, était la plus adroite et la plus laborieuse. Chaque matin, elle allait retrouver son métier à tisser sur les bords du Fleuve d'Argent et jusqu'au soir, ses pieds appuyaient sur les pédales tandis que ses mains se renvoyaient la navette fuselée. C'était elle qui habillait tous les tiên de la cour, et c'est pourquoi son métier mêlait sans relâche son bruit régulier à la chanson des flots d'argent.
Tous les jours, le berger Nguu Lang menait paître les troupeaux de l'Empereur le long du fleuve. Tous les jours il voyait la diligente princesse à sa tâche, et il nepouvait selasser d'admirer la perfection de son visage et la grâce de ses mouvements.
Or ce jeune pâtre était beau, si bien que Chuc Nu neput demeurer longtemps insensible à ses regards.
Et Nguu Lang n'osait croire à son bonheur.
Quand l'Empereur de Jade s'aperçut de leur inclination mutuelle, il ne la contraria point, mais leur permit de s'épouser, exigeant simplement que chacun d'eux continuât son métier après leur mariage."

Pham Duy Khiêm, Légendes des terres sereines, Mercure de France, 1951.

Merci, Anne, pour cette contribution qui inaugure une courte série de contes & légendes, à la demande des lectrices.
N'hésitez pas à nous transmettre des textes ou des extraits de texte dans ce domaine!

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29 mai 2006

Le chant des canuts

Le chant révolutionnaire des canuts, ouvriers exploités du dix-neuvième siècle, ici.

Merci, Marie, pour cette contribution!

Le moteur de recherche aux jumelles bien réglées nous apprends qu'un roman (2002) de Louis Muron, journaliste et critique littéraire, porte ce titre, qui retrace la lutte des canuts. Je ne l'ai pas lu, je n'en fait donc aucune publicité, mais il me semble que cela pourrait tenter celles d'entre vous qui aiment l'histoire...

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28 mai 2006

"Donner du fil à retordre"

Donner du fil à retordre

"Susciter des embarras, donner beaucoup de mal (à quelqu'un).
La locution remonte à l'ancien temps, où ce n'était pas une besogne facile que de retordre à la main les brins composant le fil, opération qui, aujourd'hui, se pratique à la machine."

M. Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Larousse.

Merci, Anne, pour cette contribution!

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27 mai 2006

"Cousu de fil blanc"

Cousu de fil blanc

"Se dit à propos d'une chose dont l'intention se voit aussi bien que du fil blanc sur une étoffe noire."

M. Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Larousse.

Merci, Anne, pour cette contribution!

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26 mai 2006

"Être cousu d'or"

Continuons donc de feuilleter le dictionnaire, car si on connaît le sens des locutions familières, on ignore parfois leur origine...

Être cousu d'or

"Être très riche.
Si le sens de la locution est clair, les explications qu'on en donne sont diverses. Selon Furetière, 'On appelle un homme  tout cousu de pistoles, celui qui en a beaucoup, par allusion à la manière des avares, qui cousent leur argent dans leur ceinture et dans leurs habits pour mieux le cacher et le garder.' Il nous semble plus plausible de croire, avec Littré, que l'expression signifie au propre 'avoir de l'or sur toutes les coutures', par allusion aux chamarures d'or qui ornaient les vêtments des gens de cour, et peut-être même aux fils d'or qui servaient à faire les coutures."

M. Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Larousse.

Merci, Anne, pour cette contribution!

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25 mai 2006

"Battre à plate couture"

Feuilletons un peu le dictionnaire,

Battre à plate couture

"Depuis toujours lorsqu'un tailleur ou une couturière a cousu ensemble deux morceaux d'étoffe, il lui faut aplatir la couture avec un fer chaud jusqu'à ce qu'on ne la voie plus. D'où cette expression battre à plate couture, qui équivaut à l'écraser sans lui laisser la moindre chance."

Je me demande si le plus (involontairement) savoureux dans cette explication, ce n'est pas la distinction entre tailleur et couturière!

Merci, Anne, pour cette contribution!

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24 mai 2006

Bêtes brodeuses

Quelle ne fut pas la surprise de Myriam de découvrir, au détour d'une page de La Vie Quotidienne des Domestiques au XIXème siècle, ce passage retraçant les relations entre Proust et Céleste, sa "dame à tout faire".

En résumé: Proust éprouvait une grande amitié pour cette dame, et régulièrement il lui lisait des passages de ses ouvrages, Céleste quant à elle, se félicitait du succès de son maître, très bien toujours... Puis soudain: "Proust par amitié, aurait voulu lui faire lire Balzac ou Stendhal, mais Céleste n'avait pas encore compris le charme de la culture et préférait la routine de la broderie"!

Cette remarque d'une profondeur abyssale est l'oeuvre d'importants messieurs, Pierre Guiral, docteur ès Lettres, et Guy Thuillier, conseiller référendaire à la cour des Comptes.

Myriam, brodeuse et néanmoins lectrice cultivée, ne s'est pas contentée de dire "Humm", avant de retourner avaler son mètre de lin (si si), elle nous a toutes vengées en s'attaquant au titre d'un célèbre roman. Na!
Merci Myriam pour cette contribution!

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23 mai 2006

Le Brodeur de Pont-l'Abbé

Chouette, une nouvelle contributrice, bienvenue!
Nous avions deux Jacqueline, voici une seconde Anne qui  partage avec nous un passage inattendu: un homme qui coud, qui ose!

"Le dimanche où Yann enfila sa première aiguillée, il crut que son coeur allait s'arrêter, à la fois de timidité et d'exaltation. Sa main trembla, mais à l'instant précis où il piqua le velours, elle retrouva toute sa fermeté pour traverser jusqu'au drap et ramener le fil à la lumière. Il osait ! A tous points de vue, ce corsage serait son affirmation d'homme. "

Beaucoup de passage de ce livre pourraient être cités !

Colette Vlérick, Le Brodeur de Pont-l'Abbé.

Merci, Anne V., pour cette contribution!

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21 mai 2006

Berceuse de Mozart

Jacqueline constitue la preuve vivante que la tradition des chansons de toile n'est pas morte! Là voilà qui fredonne, sur sa broderie de fleur Lesage -mais quel modèle quel modèle?- une berceuse que lui chantait sa mère, tradition familiale qui lu paraît, sans doute bien à tort, pouvoir expliquer le climat pluvieux du Nord!

Elle trouve cette version, arrangée par F. Imbert:

Petit prince est au lit
Dans son nid l´oiseau s´est blotti
Et la rose et le souci
Là-bas vont dormir aussi
La lune qui brille aux cieux
Voit si tu fermes les yeux
La brise chante au dehors
Dors mon petit prince dors
Oh dors, mon petit prince dors !

Oh dors, mon petit prince dors !
Mon ange as-tu un désir ?
Toi qui n´as que joies et plaisirs
De jouets tu peux changer
Tu as moutons et bergers
Tu as chevaux et soldats
Si tu dors et ne pleures pas
Tu auras d´autres trésors
Dors mon petit prince dors

Petit prince au réveil
Verra les présents du soleil
Ce seront de beaux habits
Brodés d´or et de rubis
La Lune d´un fil d´argent
Avec un reflet changeant
En aura cousu les bords
Dors mon petit prince dors
Oh dors, mon petit prince dors !
Oh dors, mon petit prince dors !

Mais souvenirs souvenirs obligent, elle préfère celle que lui chantait sa maman et qu'elle a elle-même chanté à ses enfants:

"Mon bel ange va dormir
Dans son nid d'oiseau va se blottir
Et la rose et le souci
Là-bas dormiront aussi
La lune qui brille aux cieux
Voit si tu fermes les yeux
La brise chante dehors
Dors, mon petit prince, dors
Ah! dors, dors
Mon ange a-t-il un désir?
Tout pour lui n'est que joie et plaisir
De jouet il peut changer
Il  a mouton et berger
Il a chevaux et soldats
S'il dort et ne pleure pas
Il aura d'autres trésors
Dors, mon petit prince, dors,
ah!dors(do-o-ors!) dors
Mon bel ange à son réveil
Recevra les présents du soleil
Ce seront de beaux habits
Brodés d'or et de rubis
La lune d'un fil d'argent
Avec un reflet changeant
En aura cousu les bords..."

Merci Jacqueline pour cette contribution!

 

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20 mai 2006

Bobin - Louise Lamour

Hélène a dévoré ce livre récent de Christian Bobin, "adoré dont cette bribe à la bobine sympa" qu'elle nous offre:

"Je voulus revoir le pré que j'avais découvert avec Louise Amour, ce  brasier de boutons d'or et de papillons.Je m'enfonçai  dans la campagne de Vézelay. Il y a quelque chose dans la vie qui ne s'arrête jamais et traverse la mort comme un cercle de papier blanc, sans ralentir ni modifier son allure.

Je marchais sans hâte. Un écureuil m'accompagna quelques minutes dans un sous-bois avec des bonds légers comme de la crème Chantilly, apparaissant et disparaissant à travers le feuillage comme le fil argenté que la couturière fait aller dans tissu."

Louise Lamour.

Elle a adoré aussi, "à la fin un passage sur unpaon faisant la roue et ses merveilleuses ocelles: la cerise sur le gâteau!!!"

Merci Hélène pour cette contribution!

Posté par Le Clown navet à 10:35 - Roman/Fiction - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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