Les vers à soie murmurent dans le mûrier
ils ne mangent pas ces mûres blanches et molles
pleines d'un sucre qui ne fait pas d'alcool
les vers à soie qui sont patients et douillets
      

mastiquent les feuilles avec un bruit mouillé
ça les endort mais autour de leurs épaules
ils tissent un cocon rond aux deux pôles
à fil de bave, puis dorment rassurés
      

En le dévidant on tire un fil de soie
dont on fait pour une belle dame une robe
belle également qu'elle porte avec allure
      

Quand la dame meurt on enterre la soie
avec elle et on plante, sur sa tombe en octobre,
un mûrier où sans fin les vers à soie murmurent.
      

Jacques Roubaud, 'Le vers à soie', Les animaux de tout le monde (Seghers)

C'est beau et malicieux,

mais ça devient hilarant ici:

variations selon diverses contraintes sur ce poème de l'oulipien Jacques Roubaud lues par les auteurs!
J'avoue un penchant particulier pour 'Les papillons de laine' d'Etienne Roba et pour la traduction en breton, mais il y en a pour tous les goûts...
Un rappel, s'il en était besoin, que le délire est DANS la contrainte; les passionnées d'ouvrages de dame savent cela!